- S'inscrire
- |
- Mon compte
- |
- Newsletter
- |
- Aide
Interview / Septembre 2005
Gimp : un "logiciel dont la richesse dépasse déjà les besoins de la quasi totalité des utilisateurs", Cédric Gémy.
Graphiste, formateur et auteur du livre
Gimp 2 efficace, paru aux Editions Eyrolles, Cédric Gémy nous parle de Gimp,
ce logiciel de retouche d'image prometteur, et nous fait partager son engouement pour cet outil.
- Pour quelles raisons avez vous choisi de travailler avec Gimp plutôt qu'avec Photoshop ?
-
Cédric Gémy : Quand j'étais étudiant en art, j'étais très attiré par les pratiques participatives. Dès que j'ai entendu parlé de Linux, j'ai accroché. Gimp était dans le lot.
A l'époque, l'imagerie numérique n'était pas au centre de mes intérêts, mais cela est vite venu. Gimp offrait alors une parfaite alternative à un Photoshop 4 ou 5, avec autant de qualité et cela en libre, de plus cela m'évitait de recourir au piratage.
On me regardait un peu bizarrement, cependant comme Gimp avait un autre mode de fonctionnement cela me permettait de faire des choses différentes, ce qui s'est avéré être un point positif. - Vous dites dans votre livre que "Gimp est un logiciel complet qu'il faut prendre du bon côté". Qu'entendez-vous par "prendre du bon côté" ?
-
C.G. : Trois choses : d'abord Gimp est un logiciel libre, cela a des avantages mais peut aussi avoir des inconvénients comme par exemple le manque de documentation que le présent livre vient combler ou encore le manque de reconnaissance par les professionnels de l'image.
Ensuite, il est inutile de foncer tête baissée. On associe souvent créativité à laisser-aller. Gimp est un logiciel et comme tout logiciel il suit une logique, qui n'est pas nécessairement celle de Photoshop malgré des points communs. Le "prendre du bon côté" c'est donc accepter dans un premier temps de suivre cette logique pour bien comprendre son fonctionnement et connaître toutes les possibilités offertes par ce logiciel.
Enfin, c'est un logiciel qui comporte de nombreuses fonctionnalités et parfois un simple clic dans une case apparemment anodine peut tout changer. ll est donc nécessaire d'y aller progressivement et d'accepter de ne pas pouvoir tout mémoriser. - Que manque-t-il à Gimp pour satisfaire pleinement les utilisateurs qui sont restés fidèles à Photoshop ?
-
C.G. : Personnellement, je pense que cela est peut-être lié au système de calques de Photoshop. Les formes de calques récentes de Photoshop telles que les calques de réglages, les effets de calques et les styles sont des fonctionnalités très pratiques (mais pas indispensables) qui n'existent pour l'instant pas dans Gimp.
Certains graphistes ressentent également des manques concernant la gestion des couleurs sous Gimp (absence de mode quadrichromique indispensable en imprimerie et en pré-presse). Toutefois, cela n'est pas nécessaire pour les utilisateurs de Linux puisque dans le flux de production du logiciel libre, c'est le logiciel de mise en page Scribus qui prend cela en charge parfaitement.
Néanmoins, la version 2.4 devrait combler ce manque en apportant à Gimp une gestion de la couleur digne de ce nom, ce qui laisse entrevoir l'utilisation de Gimp dans les flux de production pour imprimés.
Enfin, mis à part la technique, il est important de ne pas focaliser sur l'outil. Il faut apprendre à le transcender pour en tirer quelque chose de personnel. D'ailleurs de nombreux artistes qu'Adobe cite en exemple pour son logiciel utilisent d'anciennes versions de Photoshop qui ne disposent pas des fonctionnalités mentionnées précédemment. - Que pensez-vous de GimpShop ?
-
C.G. : C'est une initiative intéressante qui montre à quel point le logiciel libre peut être riche en possibilités et en liberté. En effet, si un utilisateur de Photoshop souhaite que son interface ressemble à celle de Gimp, il ne pourra pas le faire.
Cependant, je suis trop habitué au Gimp initial pour faire ce transfert et de plus, continuant parfois à manipuler Photoshop, j'apprécie d'avoir des logiciels différents qui ont chacun leur logique et leurs outils. - Jusqu'ici, nous avons abordé dans cette interview les points forts comme les faiblesses de Gimp. Mais quelles sont les faiblesses de Photoshop ?
-
C.G. : S'il est évident que Photoshop fait référence, ce n'est pas le plus performant dans toutes les situations.
Pour le travail sur la sérigraphie par exemple, un logiciel comme CorelDraw est beaucoup plus performant. De son côté, Gimp est plus à même de créer des animations de grande envergure, quasiment de petits films. Chaque logiciel a des avantages et des inconvénients. L'utilisateur doit trouver sa voie dans tout cela, et c'est certainement le plus difficile.
Mais c'est parce qu'il est impensable d'imaginer qu'un seul logiciel puisse un jour regrouper tout ce qui est nécessaire pour un utilisateur, que Gimp prend l'avantage puisque chaque utilisateur a la possibilité de le personnaliser et de l'étendre. Ce n'est pas le cas pour les utilisateurs de logiciels commerciaux.
Enfin, je voudrais ajouter que Gimp n'a donc pas à rougir de sa différence avec Photoshop. Sa logique est contributive et il s'améliore grâce aux volontés et au travail de personnes dévouées. C'est ce qui fait la variété de ce logiciel dont la richesse dépasse déjà les besoins de la quasi totalité des utilisateurs.
Propos recueillis par Laetitia Maraninchi.
A lire aussi
Tous les livres de la collection :
Tous nos livres sur :



Devenez Fan !
Suivez-nous sur Twitter