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Interview / Septembre 2007
Managers, faites-en moins !
Fondateur de l'IFAS, cabinet de référence dans le domaine de la stratégie managériale, Eric Albert s'est illustré auprès des dirigeants par sa réflexion innovante et pragmatique.
Auteur du célèbre Le Manager est un psy, il a remporté le prix RH (2002) pour N'obéissez plus ! et s'est imposé une fois encore auprès des managers avec Pourquoi j'irais travailler, sa grande enquête sociologique sur notre motivation au travail.
A l'occasion de la parution de son dernier livre, Managers, faites-en moins !, nous avons rencontré ce spécialiste des organisations qui redonne aux managers un souffle nouveau. Sans langue de bois.
- Nos dirigeants semblent priser les changements de stratégie à tout vent et les réorganisations au moindre problème, quitte à laisser le fouillis s'installer dans leur entreprise. Comment sortir de cet imbroglio ?
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Eric Albert : Nous pouvons sortir de ce désordre en retrouvant justement de la cohérence entre d'une part la stratégie et l'organisation, d'autre part entre l'organisation et le comportement des collaborateurs. Défini en fonction de ces trois dimensions, de façon contextuelle et stratégique, le rôle des managers consiste ainsi à faire des choix et à en limiter les efforts à ce qui est véritablement nécessaire. C'est aux dirigeants de définir cette colonne vertébrale autour de laquelle toute l'entreprise doit se structurer.
- "La cohérence interne est spécifique à chaque entreprise" défendez-vous, ce qui exclut le recours à tout modèle type. Comment définir alors cette cohérence stratégique interne (CSI) ?
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E.A. : Je crois qu'il faut effectivement sortir des modèles tout faits et du prêt à penser. Les dirigeants peuvent définir eux-mêmes la cohérence interne de leur entreprise c'est à dire comment articuler les enjeux stratégiques au fonctionnement collectif (usage de l'organisation) et aux comportements individuels. Lorsque ce travail est bien fait, il est très porteur de sens et apparaît à tous comme une évidence.
- La CSI implique que tous les salariés rament dans le même sens... Or, on constate plutôt une montée de l'individualisme dans l'entreprise. Comment insuffler un esprit collectif et rendre les comportements de tous adéquats aux décisions prises par les dirigeants ?
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E.A. : L'individualisme ne va pas à l'encontre d'un bon fonctionnement collectif. Simplement les collaborateurs sont plus exigeants car ils ont besoin de comprendre. Ils pointent les incohérences comme autant de défaillances de leur dirigeant et ils attendent d'eux des demandes sensées. A ces conditions, ils comprennent très bien que les comportements sont de plus en plus importants dans l'efficacité et acceptent de faire des efforts.
- Absence de reconnaissance, soucis liés aux responsabilités, complexité des organisations... le rôle du manager est loin d'être facile. Comment les dirigeants peuvent-ils les épauler ?
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E.A. : C'est vrai qu'être manager à notre époque n'est pas simple. On leur demande tout avec un sentiment d'éparpillement et un résultat médiocre accepté comme une fatalité : "ils font ce qu'ils peuvent..."
C'est pourquoi, il me semble urgent de limiter le rôle des managers et de le relier aux vrais enjeux actuels de l'entreprise. Dès lors, l'acte managérial retrouve de l'importance. Ce qui importe n'est plus le travail effectué en plus lorsqu'il reste du temps, mais les tâches indispensables pour l'entreprise.
Propos recueillis par Dominique Colin.
Découvrez Eric Albert
- Sa dernière publication Managers, faites-en moins !
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Tous ses livres
- Conférence : Retrouvez Eric Albert à la FNAC de Boulogne (92), jeudi 27 septembre (de 13 à 14 heures).



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