Spécialiste des standards Web et auteur du livre
CSS 2 - Pratique du design Web, paru aux éditions Eyrolles,
Raphaël Goetter nous explique pourquoi et comment utiliser les CSS pour concevoir
des sites plus faciles à maintenir et mieux référencés naturellement.
“La principale qualité d'un site est de ne rien imposer à son visiteur !”
Raphaël Goetter : Voilà une question très vaste qui nécessite au moins un double point de vue : celui du concepteur de sites web et celui de l'utilisateur.
Pour le concepteur web, la qualité d'un site implique que le contenu
soit visible et utilisable correctement par tous les visiteurs.
Elle s'accompagne de mots magiques comme ergonomie, interopérabilité,
accessibilité, pertinence du contenu, etc.
Tout autant de domaines très vastes qu'un concepteur doit mettre en place.
Pour cela, le concepteur doit prendre en compte non seulement les différents navigateurs
et supports qui peuvent exister, mais aussi la pluralité des internautes. Il ne faut jamais
croire que l'utilisateur a le même profil et les mêmes besoins que soi.
Pour le visiteur, la qualité d'un site dépend de plusieurs critères :
A noter qu'un site répertorie toutes les "bonnes pratiques" à suivre pour améliorer la qualité de son site : www.opquast.com.
“Se conformer à une norme commune, c'est s'assurer que tout le monde parle la même langue et que les documents sont universels.”
R.G. : Les standards W3C (qui ne sont que des recommandations,
je me plais à le rappeler) préconisent l'allègement des pages, la concision et la propreté
du code HTML, la prise en compte des handicaps des visiteurs et bien d'autres choses,
afin que tout le monde, quelque soit son handicap, accède à Internet.
La citation de Tim Berners-Lee, inventeur du Web, tombe bien à propos :
"La richesse d'Internet réside dans son universalité. Il est essentiel que chacun,
handicapé ou non, puisse y avoir accès."
Cette citation résume très bien l'idée générale véhiculée par les standards web :
chaque individu est différent des autres et Internet doit être adapté à tout le monde,
quel que soit son handicap (physique, auditif, visuel ou moteur) ou son support
(navigateur, système d'exploitation, etc.). C'est pour cela qu'il existe des standards
et des normes d'accessibilité du Web. Se conformer à une norme commune, c'est s'assurer
que tout le monde parle la même langue et que les documents soient universels.
R.G. : Pour rappeler rapidement ce qu'on entend par "sémantique",
le sens appliqué aux pages web est celui-ci : "la sémantique, c'est une information
apportée sur le contenu, destinée à être exploitée". C'est-à-dire employer chaque balise HTML
selon sa fonction prévue et non pour son aspect par défaut (l'aspect pouvant être modifié
à votre guise en CSS).
Par exemple, vous devez utiliser la balise <h1> pour un titre principal et non
la balise <p> avec une modification du texte (grossissement de la police, etc.)
pour qu'il ressemble graphiquement à un titre.
“Seul le contenu et la structure du document ont un sens pour Google, et non son aspect physique.”
Comme on se plaît à le dire, le premier utilisateur "aveugle" des sites internet
est le moteur de recherche Google. Seul le contenu et la structure du document ont un sens
pour Google, et non son aspect physique. Il n'est pas capable de reconnaître
que la balise <p> est censée désigner un titre.
Un document web, structuré sémantiquement, peut être exploité bien plus facilement
et mieux indexé par des moteurs de recherche. Cela facilite leur interprétation
par d'autres supports que les navigateurs graphiques, tels que les moteurs de recherche,
les plages braille, les navigateurs textuels, les PDA, etc.
R.G. : Tout est toujours une question d'objectif et de cible :
un site avec une taille fixée à 800 pixels de large aura du mal à s'afficher correctement
sur un PDA ou d'autres supports. Il ne faut pas oublier que le but du Web n'est pas
de se limiter au seul média de l'écran d'ordinateur.
Un site "fluide", c'est à dire dont la taille s'adapte à la largeur du support d'affichage,
a un premier avantage indéniable : quelle que soit la résolution de l'écran,
le site web utilisera toujours harmonieusement l'espace alloué. Cela nécessite bien évidemment
une réflexion en amont sur la structure des données à présenter.
Cependant, il me semble nécessaire de mettre un petit bémol à la "fluidité" en ce qui concerne
la mise en page d'un contenu textuel : un texte qui occupe toute la largeur d'un écran
de très grande résolution n'est pas très agréable à lire du fait de la longueur des lignes.
A noter que les sites fluides ne sont pas réservés aux mises en page CSS :
il est tout à fait possible, en tableaux de réaliser des mises en page fluides,
simplement en choisissant des unités relatives comme le % ou les "em".
Propos recueillis par Laetitia Maraninchi.
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