Ebénisterie

Les premiers gestes

  • Nombre de pages : 144 pages
  • Date de parution : 01/09/2001

Résumé

Durant les siècles qui nous ont précédés, la fabrication du meuble fut pratiquée à un très haut niveau. Tout d'abord par nos menuisiers en meuble qui deviennent, il y a cinq cent ans, en utilisant l'ébène, des ébénistes. Ils suivent l'exemple des Flamands et des Hollandais recrutés dans les ateliers royaux du Louvre et de la Manufacture des Gobelins. Certains d'entre-eux s'établissent dans les faubourgs parisiens.

Les artisans du Faubourg du temple et les menuisiers en siège réunis autour de la rue de Cléry furent excellents. Mais la communauté établie dans le quartier Saint-Antoine, qui regroupait ébénistes, sculpteurs, marqueteurs, vernisseurs, bronziers, sut faire évoluer les technique, de construction, les formes, les décors en utilisant les meilleurs matériaux. Au fur et à mesure, ils mirent en oeuvre les essences nouvelles suivant les approvisionnements des marchands de bois situés sur le port voisin du quartier St Paul. Souvent associés aux ébénistes des ateliers royaux, les artisan, créèrent des modes et des styles qui sont aujourd'hui nos pères dans l'histoire du mobilier.

Cette évolution incessante de l'ébénisterie provient sans doute du déplacement de ces compagnons immigrés venus des Flandres durant le règne du roi Louis XIV, et ceux venu, d'Allemagne au cours du XVIIIè siècle. Les mouvements dos au compagnonnage modifièrent sensiblement les méthodes dans les ateliers provinciaux, en particulier en Franche-Comté, en Touraine, dans le Dauphiné ou dans la région toulousaine.

Au cours de la deuxième moitié du XIXè siècle, la mécanisation des ateliers modifia l'organisation du travail, les méthodes de fabrication et la commercialisation des produits. En 1886, l'implantation de l'école Boulle dans le quartier répond au besoin de moderniser l'apprentissage des métiers du meuble il semble qu'à cette époque seuls les apprentis de familles aisée, peuvent suivre un enseignement. Les enfants d'ouvriers continuent à faire leur apprentissage sur le tas en assumant les rudes besognes de l'atelier. C'était en quelque sorte le pris a payer pour leur formation. Cependant, depuis 1866, il existe "le Patronage des Enfants de l'Ébénisterie" pour aider les jeunes déshérités. En 1928, cet organisme de formation devient "la Chambre d'Apprentissage des Industries de l'Ameublement".

Dans l'ère industrielle de la fin du XIXè siècle et dans la première moitié du XXè siècle, les conditions de vie et les connaissances des artisans d'art évoluent. Mais leur comportement de praticien pour raboter, sculpter, marqueter, dorer ou vernir les belles pièces ne change guère. Ainsi, ils transmettent leur savoir-faire. De nombreuses entreprises conservent leur estampille sur plusieurs générations, ne changeant quelquefois que l'initiale du prénom.

Durant plusieurs décennies, les auteurs de livres techniques sur tous métiers furent trop éloignés de l'établi. Si les dessins qu'ils nous ont laissés sont très instructifs et utiles, si les textes sont exacts dans les généralités, nous sentons un décalage dans la description des méthodes, un manque de précision dans l'utilisation des bois, des outils, des produits... et parfois quelques erreurs.

L'auteur de ce livre, Bernard DAUDÉ est un ébéniste C'est un enfant du Faubourg Saint-Antoine. Il a suivi la meilleure voie pour se former et exercer le métier. Aujourd'hui, il l'enseigne à la Chambre d'Apprentissage des industries de l'Ameublement, toujours dans le même quartier de Paris.

J'ai connu Bernard en 1969 lorsqu'il était élève à l'école Boulle. Avec un statut d'artisan marqueteur, j'effectuais a cette époque mes débuts d'enseignant, je me souviens avoir été frappé par la maturité des jeunes "Boullistes". Quinze années nous séparaient, mais nous éprouvions la même passion pour le métier. Avec ces étudiants ébénistes, nous utilisions pleinement les quelques heures attribuées à la marqueterie dans leur dernière année d'études.

Le sujet du diplôme de la promotion 1971 fut la copie d'une table de Roger Van der Cruse, dont l'original est conservé au château de Goodwood en Angleterre. En réalisant ce meuble marqueté de fleurs en bois de bout de violette, sur fond de bois de rose, Bernard et ses camarades participèrent à la renaissance de l'enseignement de la marqueterie à l'école Boulle. En effet, aucun ouvrage décoré par ce procédé n'avait été construit à l'école depuis 1954, année de la disparition du dernier professeur de la spécialité.

Après avoir obtenu son diplôme, Bernard est entré dans l'entreprise de menuiserie d'art, dirigé par un grand sculpteur, Vincent FANCELLI. Cet atelier est toujours réputé pour ses restaurations de bonzes, en particulier au château de Versailles. il occupa ensuite un poste de dessinateur dans l'entreprise MERCIER, qui fut dans les années 1960, 1970, 1980, une des plus réputée du Faubourg. Cette maison reconstituait, pour une clientèle fortunée, boiseries et beau mobilier dans leurs somptueuses demeures et palais du Moyen-Orient. Bernard côtoya les cadres et les meilleurs compagnons de cet atelier. Il fut même leur directeur technique collaborant à la réalisation du mobilier créé par Pierre PAULIN pour l'Elysée, ainsi que les mappemondes dessinée, par Fernand POUILLON pour la bibliothèque nationale.

A la fermeture des établissements MERCIER, il s'établit dans le quartier avec ses amis Georges MOUILLE et Michel VIGNE. Ce dernier, de la même promotion que Bernard, fut un excellent élève marqueteur à l'école Boulle. Ensemble, ils vont perpétuer l'ébénisterie traditionnelle et continuer à mettre leur savoir faire au service des créateurs contemporains.

C'est par hasard, en 1988, en faisant une enquête journalistique que je vais les retrouver, artisans associés, dans leur atelier du Faubourg. C'est aussi à cette époque que Gérard BOIDET, directeur de la Chambre d'Apprentissage de l'Ameublement, fait appel à Bernard pour rejoindre son équipe de formateurs. Ce centre de formation reçoit les apprentis des différents ateliers d'Ile-de-France et parfois de province, pour les préparer aux examens professionnels. Au sein de cet organisme sont programmés des cours de technologie, de dessin, d'histoire de l'art, de langue ainsi que des cours pratiques des différents métiers. Artisans et professeurs se réunissent pour définir les sujets d'épreuve et forment ensemble les jurys des CAP et autres brevets des métiers d'art.

L'école Boulle, la Chambre d'Apprentissage de l'Ameublement et quelques ateliers artisanaux sont des lieux où l'on a su conserver l'enseignement des méthodes traditionnelles et un certain esprit du Faubourg, malgré une activité qui s'est considérablement dégradée ces dernières années.

La fonction d'un enseignant en métier d'art n'est pas facile dans le monde où nous vivons. Nous nous interrogeons sur des situations assez contradictoires qui tendent à faire disparaître l'artisanat traditionnel et en conséquence le savoir-faire. Depuis trois siècles, il a permis aux compagnons de produire des travaux incomparables. Aujourd'hui, des pays dits développés ont perdu ces pratiques. Ils se tournent vers nous pour retrouver les procédés, les gestes et les connaissances essentielles à l'exercice de nos métiers. Bernard DAUDÉ est bien à sa place dans le centre de formation de "la Bonne Graine". Il apporte à sa fonction toute l'expérience acquise depuis trente ans dans les ateliers, tout en suivant l'évolution de nos professions. Ainsi, il guide et assure de la meilleure façon l'avenir des apprentis, tout cela avec l'énergie qui caractérise les passionnés.

Le livre de Bernard sur l'ébénisterie répond, sans aucun doute, à la nécessité de définir la meilleure attitude du compagnon ou de l'artisan, pour concevoir du beau mobilier, le construire avec efficacité et simplicité.

Pierre Ramond

Sommaire

  • Les bases du dessin
  • Les assemblages de base
  • Les techniques du placage
  • Les usinages à la toupie
  • Montage : méthode et organisation
  • Ajustage des parties mobiles
  • La finition
  • L'affûtage
  • La sécurité
  • Glossaire

Caractéristiques

  • Type produit : Ouvrage
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  • Editeur(s) : Editions Vial
  • Auteur(s) : Bernard Daudé
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  • ISBN13 : 978-2-85101-059-9
  • EAN13 : 9782851010599
  • ISBN10 : 2-85101-059-X
  • Parution : 01/09/2001
  • Edition : 1ère édition
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  • Nb de pages : 144 pages
  • Format : 21,5 x 30,5
  • Couverture : Relié
  • Poids : 918 g
  • Intérieur : Quadri
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