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Librairie Eyrolles - Paris 5e
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Marc Lambron

194 pages, parution le 22/11/2006

Résumé

Comme tout le monde, Marc Lambron est intrigué par Ségolène Royal ou, plus exactement par ce que révèle la résistible ascension sondagière de cette créature en tailleur blanc et au sourire marmoréen.

Que s'est-il donc passé, en France, pour que cette personnalité politique de "gaute" ? de "droiche" ? Elle émerge, s'impose, massacre ses rivaux-éléphants, campe dans un imaginaire incertain ("travail, famille, matrie"), séduise par son "désir d'avenir" et devienne, qui sait ? le successeur élyséen du général de Gaulle et de François Mitterrand ? Bref : quelle fable nationale, et quel "roman des origines", est-on en train de lire à travers l'expansion de ce royalisme new-look ?

Devant cette chimère idéologique, Marc Lambron s'interroge

  • 1°) en romancier rompu au commerce des jeunes filles qui fréquentaient Sciences-po à la fin des années 1970 ;
  • 2°) en spécialiste du "roman national" (tel qu'il l'a revisité dans son livre 1941) ;
  • 3°) en expert des métamorphoses politiques, intellectuelles et morales.

Le tout donne un ouvrage crépitant, acide, brillantissime, avec dix formules étincelantes par page... Est-il "pro" ou "anti" Ségolène ? Franchement, telle n'est pas ici la question, même si une certaine empathie est perceptible à l'endroit d'un ségolisme analysé comme "un virus de droite déréglant le logiciel de la gauche". Beaucoup plus sévère à l'endroit de Jospin ou de Villepin, cette ballade au pays des idées françaises s'intéresse surtout à ce que la "Zapaterreur" révèle de notre société : son impatience moderniste et ses tétanies conservatrices ; sa nostalgie de "démocratie participative" avec ses archaïsmes autoritaires ; son esthétique "tupperware" et sa tentation mondialiste ; son "blairisme" spontané et poitevin... "Ségolène, observe-t-il, mélange la pensée providentielle et la république des professeurs, le pragmatisme scandinave et la béatitude charismatique". C'est une sorte de "Fifi Brindacier avec forte tendance à la poigne". Et si, au fond, la France avait, très précisément, envie de cela ?

"Qui est Ségolène Royal ?

Elle ressemble parfois à une Fée bleue effleurant de sa baguette magique les mannequins de bois d'un pays exténué.

Parle-t-elle un langage secrètement religieux à une France orpheline de ses croyances ?

Est-elle un virus qui s'attaque simultanément à trois familles désorientées - les marxistes, les libertaires, les socialistes ?

Manifeste-t-elle, après François Mitterrand, l'inconscient de droite de la gauche ?

Peut-être un jour se retournera-t-on sur le moment Ségolène, en se demandant comment pareil engouement a frappé les esprits à la manière d'une insolation. Mais tout symptôme énonce une vérité. Allons voir de plus près ce que cette rose nous dit."

Marc Lambron.

L'auteur - Marc Lambron

Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Étrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004) ; d'un recueil de chroniques, Carnet de bal (2003), et d'un récit, Une saison sur la terre (2006).

Autres livres de Marc Lambron

Avis des lecteurs

2 / 5

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Superficiel !

L'auteur se présente comme un romancier issu de la rue d'Ulm et de Sciences-Po, très vaguement de gauche et spectateur cynique de la comédie politique française. Devant l'ascension de Ségolène Royal, il a soudain l'impression de ne plus comprendre, et prend quelques semaines de vacances pour étudier le phénomène en toute subjectivité. Ce qui le fascine, c'est la "tueuse d'éléphants". L'arme du crime serait la vérité, dont elle serait, depuis Rocard, la première personnalité socialiste à "sentir les avantages" (p. 29). Ségolène serait désinhibée, défierait tranquillement les vieux dirigeants socialistes en s'appuyant sur le "pays réel" et surferait, au sens à la fois nautique et internautique, sur sa propre ignorance, avec le seul appui de son sourire conforté au miroir des sondages. Elle conquerrait le parti socialiste par les marges, révélant sa fragilité d'édifice vermoulu. C'est donc le refus prolongé de la vérité qui aurait causé la ruine de cette vieille maison. Ses deux patrons récents, Mitterrand et Jospin, auraient accumulé à plaisir les zones d'ombre, l'un sur son passé vichyste prolongé en dîners avec Bousquet et en promotion de quadras fils de collabos, l'antigaullisme cimentant le tout, l'autre sur son entrée "entriste" au PS, en service commandé du conspirateur trotskyste Pierre Boussel dit Lambert. Point commun : le totalitarisme. L'usage, même frauduleux, des voix communistes pour conquérir ou garder le pouvoir et l'ascension, bienvenue à cet égard, du Front national, complètent le tableau : "l'oiseau social-démocrate volait avec des ailes totalitaires". (p. 72) Mais à cette sauce, en France, on peut accommoder n'importe qui ! Quel gouvernement s'est assuré qu'il n'embarquait aucun suppôt de l'OAS, aucun enfant de massacreur colonial ? Et cette façon même de coller des étiquettes indélébiles et de dresser des camps, fussent-ils seulement classificatoires et dépourvus de barbelés, n'est-elle pas au principe même de la démarche totalitaire ? Elle est, en tout cas, des plus antigaullistes, le Général ayant été, pour liquider la Seconde Guerre comme celle d'Algérie, l'adepte des procès exemplaires suivis d'amnisties rapides à quelques fusillés près. Il est vrai que de Gaulle ici n'est guère aimé. Son mérite unique est de n'avoir point été à Vichy mais pour le reste il fut lui-même, il faut oser l'écrire, un Conducator, en raison, tenez-vous bien, de son amour de la France : "(...) la France était dans le monde la seule démocratie populaire réussie : un Conducator à l'Elysée, des autoroutes et des sous-marins, la Régie Renault fonctionnant en cadences, du lait dans les écoles et la télévision aux ordres, la paix civile cogérée par Matignon et la CGT." Point de Bush dans ce livre, à peine un peu de Blair (pour mettre en doute l'adhésion de l'héroïne à ses méthodes) et une petite allusion au 11 septembre. Des poncifs en revanche sur le référendum du 29 mai 2005, avec un gommage plus soigneux que jamais du fait que les électeurs étaient appelés à juger un texte, et libres de le trouver mauvais. On aura compris : c'est le plat de la France ringarde qui est ici servi sous le masque d'une prose plagiaire de Saint-Simon. Dans le portrait manquent curieusement les deux hommes les plus proches : Hollande, et Mitterrand lui-même. Des sentiments du patriarche envers la jeune attachée de l'Elysée, il est dit expéditivement qu'il l'aimait bien, et rien du tout sur la captation qu'elle-même tente de l'héritage, en toute occasion. Mitterrand avait soin d'annexer Blum et Jaurès - sans doute parce qu'il n’était pas de la maison. Ségolène, Lambron le fait remarquer à juste titre, se tait sur les figures historiques du socialisme... mais non sur Mitterrand et cela, pour les besoins de sa démonstration, il l'omet. De même, "conquérir le parti par les marges", oui, sans doute, mais par le centre aussi ! Pour pouvoir prendre de haut les autres dirigeants, il n'était peut-être pas inutile d'avoir dans sa poche le premier d'entre eux. La référence à Rocard, en revanche, est éclairante. Rocard qui n'est pas mort, n'a pas dit son dernier mot et s'affiche avec Bayrou. En fait de vérité et de modernité, c'est bien une nouvelle mouture de l'alliance socialo-centriste qui se dessine, celle que de Gaulle a pulvérisée en 1958 et que sa République n'a point encore connue malgré de chaudes alertes, Defferre en 65, Poher en 69, Rocard en 79, Mitterrand II en 88, Delors en 94. La disparition, en bonne voie à l'heure où j'écris (20 décembre 2006), de tout contrepoids à gauche ne peut que précipiter le phénomène. Sans parler d'une présence possible de Le Pen au second tour, contre la gauche cette fois. Mais Lambron n'en dit rien. Au total, il préférerait Sarkozy. On le sent inquiet de tout ce qu'il repère de souple et d'indéterminé dans la personne de Ségolène, et surtout, peut-être, dans la situation créée par sa brusque ascension. Avec Nicolas on saurait à quoi s'en tenir et Max Gallo, l'ancien porte-parole du gouvernement Mauroy, est admiré d'avoir franchi le pas (p. 42). Ce qui pourrait perdre le maire de Neuilly, c'est son "mauvais genre". Racaille et Kärcher ? Vous n'y êtes pas : Balkany. Les arrivistes-affairistes des Hauts-de-Seine, qui entretiennent autour de lui une atmosphère digne de Borsalino. L'ouvrage s'achève sur l'espérance que Ségolène n’'ait été qu'un "moment"... et qu'un vampire, qui aurait saigné la gauche de toutes ses vieilleries, "la ruse que l'air du temps aurait choisie pour vider les cadres du Parti de leur vieux sang socialiste". L'auteur retourne à ses romans en rangeant ses "polaroids" sur lesquels "on voyait courir les porcinets et les bourriquets, les petits gourous et les tigres fous." Heureusement, le réel est bien plus surprenant que les imagiers d'un politologue approximatif.

Caractéristiques techniques

  PAPIER NUMERIQUE
Éditeur(s) Grasset
Auteur(s) Marc Lambron
Parution 22/11/2006 01/01/1970
Nb. de pages 194 200
Format 11,8 x 18,8 -
Couverture Broché -
Poids 210g -
Intérieur Noir et Blanc -
Contenu - ePub
EAN13 9782246720317 9782246720393
ISBN13 978-2-246-72031-7 -

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